Face à la raréfaction du foncier et à la nécessité d'accélérer la production d’énergies renouvelables, une solution innovante gagne du terrain : l’agri-voltaïsme, ou la cohabitation entre panneaux solaires et activités agricoles. Il ne s’agit plus de choisir entre cultures ou électricité, mais de faire coexister les deux sur une même surface de manière synergique.
Dans ce modèle, les panneaux sont installés en hauteur ou sur des structures mobiles au-dessus des cultures, des pâturages ou des serres. Ils sont souvent orientés et régulés automatiquement pour laisser passer la lumière ou la pluie, selon les besoins des plantes. Cela permet de protéger les cultures des aléas climatiques (sécheresses, grêle, canicules) tout en produisant de l’électricité.
Plusieurs études montrent que dans certaines conditions, les cultures situées sous panneaux peuvent même bénéficier de microclimats plus stables, avec des rendements agricoles préservés, voire améliorés. En parallèle, l’électricité produite localement peut alimenter la ferme, les systèmes d’irrigation ou être vendue, assurant un revenu complémentaire pour les agriculteurs.
Cependant, cette pratique soulève aussi des questions réglementaires et environnementales. En France, l’État encadre strictement l’agri-voltaïsme pour éviter les effets de "greenwashing" et s'assurer que l'activité agricole reste prépondérante. Les projets doivent démontrer leur utilité pour l’exploitation agricole et être réversibles.
À terme, l’agri-voltaïsme représente une voie prometteuse pour déployer massivement le solaire sans artificialiser les sols, tout en soutenant le monde agricole face aux défis climatiques et économiques.